À travers cet entretien, Jean-Luc Denéchau, Président de la Fédération Française de Voile, dresse un bilan inspirant de l’année 2025 et revient sur le rôle central de la jauge OSIRIS dans le dynamisme de la pratique Intersérie Habitable. Performances sportives, engagement des bénévoles, accessibilité, responsabilité sociétale et perspectives d’avenir : il partage sa vision d’une voile française ouverte, conviviale et durable, au service de tous les navigateurs.
Quel est votre regard sur cette année 2025 pour la voile ?
L’année 2025 a, une nouvelle fois, confirmé la dynamique de la voile française. Que ce soit en Course au Large, en Inshore, en Voile Olympique, mais aussi en Paravoile où sur des circuits émergents comme en Wingfoil, les performances tricolores ont été nombreuses et marquantes. Mais au-delà des bons résultats sportifs, c’est dans les clubs, sur tous les plans d’eau du territoire, que la voile vit et se réinvente au quotidien. La voile continue d’attirer de nouveaux passionnés, de tous âges et, grâce à des actions ciblées, de tous horizons. En 2025, nous avons également soutenu plusieurs projets territoriaux, intensifié l’accompagnement des bénévoles, et enrichi nos outils de formation afin de répondre aux attentes de nos structures et de nos pratiquants. Ce travail est visible par la fidélité de nos licenciés et la qualité des manifestations que nous organisons avec eux, avec comme point d’orgue, une édition particulièrement serrée et enthousiasmante du Championnat de France des Clubs.
Quel rôle joue aujourd’hui la jauge OSIRIS dans cette dynamique positive ?
La jauge OSIRIS joue un rôle essentiel dans la dynamique de nos bassins de pratique en étant bien plus qu’un simple système de temps compensé : c’est un outil structurant pour la pratique Intersérie Habitable, un formidable vecteur de convivialité, de mixité et d’accessibilité. C’est une jauge économique et compréhensible, qui permet à un très grand nombre de navigateurs de participer à des régates avec peu de contraintes. Elle offre une porte d’entrée simple vers la compétition pour de nombreux plaisanciers et contribue à maintenir une population de régatiers fidèles. Grâce à OSIRIS, les clubs peuvent proposer une offre sportive variée, adaptée à des profils et des niveaux très différents, sur le littoral comme sur les plans d’eau intérieurs.
Comment expliquer que l’engouement pour la pratique en OSIRIS augmente d’année en année ?
Tous les indicateurs autour de la pratique Habitable intersérie sont encore au vert cette année. Le succès de la jauge OSIRIS est notamment dû à sa capaciter d’adaptation aux demandes des pratiques, qui recherchent aujourd’hui des formats plus souples, plus courts et plus conviviaux. La jauge OSIRIS permet une grande liberté d’organisation : régates à la journée, courses en soirée, épreuves interclubs, formats « découverte » ouverts aux nouveaux régatiers, ou encore des courses nocturnes qui offrent les premiers frissons de la course au large. Elle favorise la participation, facilite l’engagement des équipages et redonne de l’attractivité à la régate habitable pour des publics parfois éloignés de la compétition traditionnelle.
Derrière la jauge OSIRIS, il y a aussi un fort engagement humain…
Absolument. OSIRIS repose avant tout sur l’engagement de nombreux bénévoles. Les délégués OSIRIS, les membres du centre de calcul, les commissions, les organisateurs et les bénévoles de clubs jouent un rôle essentiel dans l’animation, l’évolution et la crédibilité de la jauge. Leur travail quotidien permet d’assurer l’équité du système et d’accompagner les régatiers. Je tiens à saluer tout particulièrement l’action de la commission OSIRIS, présidée par Patrick Frasquet, et l’ensemble des bénévoles qui mettent leur expertise et leur passion au service de la voile française.
En quoi la jauge OSIRIS s’inscrit-elle dans les engagements sociétaux de la FFVoile ?
La Fédération Française de Voile est pleinement engagée dans une démarche de responsabilité sociétale, et OSIRIS s’inscrit dans cette vision. Par sa philosophie, OSIRIS encourage une pratique plus responsable et plus durable, en valorisant l’utilisation de bateaux existants et en limitant la course à l’armement et à la performance technologique. Elle s’inscrit ainsi pleinement dans les enjeux actuels de sobriété et de transition écologique.
OSIRIS favorise également une pratique plus inclusive et accessible. En abaissant les barrières techniques et financières, elle permet à des publics très divers – nouveaux pratiquants, jeunes régatiers, navigateurs occasionnels ou pratiquants des plans d’eau intérieurs – de s’engager dans la régate. Cette ouverture contribue directement à la démocratisation de la voile sur l’ensemble du territoire. Enfin, la jauge OSIRIS s’inscrit dans la vision d’une pratique respectueuse et responsable. Les actions de la FFVoile en matière de prévention, de lutte contre le harcèlement et de promotion du respect des personnes sont menées sans relâche. En s’appuyant sur l’engagement des clubs et des bénévoles, OSIRIS participe à la construction d’une voile à la fois équitable, conviviale et en phase avec les valeurs de notre sport.
Quels sont les principaux défis pour la pratique Intersérie Habitable dans les années à venir ?
Les prochaines années devront nous permettre de lever certains freins identifiés : faciliter la constitution des équipages, accompagner les clubs dans l’animation de leur flotte habitable, et renforcer la cohérence et la lisibilité des contrôles de jauge afin de préserver l’équité sportive. Ces enjeux sont majeurs pour maintenir une pratique attractive et durable. Notre ambition pour OSIRIS est claire : continuer à rendre la voile toujours plus accessible, plus équitable et plus en phase avec les attentes des régatiers d’aujourd’hui et de demain. En s’appuyant sur l’engagement des bénévoles, l’écoute du terrain et une vision responsable de la voile, OSIRIS restera un pilier de la pratique Intersérie Habitable en France, et, je l’espère, un modèle reconnu bien au-delà de nos frontières.